Invitation au voyage et à l’écriture

Écriture nature confinée pour s’évader … C’est l’écrivain-navigateur Bernard Moitessier (1925 – 1994) qui nous a donné l’envie d’écrire … Qui est-il ? Pour aller plus loin il y a une belle émission radio. Et pour une présentation rapide, voici la 4e de couverture du livre “La longue route” (Poche) qui l’a rendu célèbre …

“Faire le tour du monde”

“Sans doute l’un des plus vieux rêves de l’homme. 1968, le Sunday Times décide d’organiser la première régate en solitaire et sans escale, en doublant les trois caps : Bonne-espérance, Leeuwin et Horn. Avec d’autres, Bernard Moitessier relève le défi et prend congé des siens dans le port de Plymouth. Seul entre mers et ciels, il relate dans son journal de bord ses six mois sans toucher terre, sa vie au quotidien sur le Joshua, les dauphins, les poissons volants et les étoiles.” Et les oiseaux ! Enfin, nous pouvons ajouter que sa vie a inspiré nombre de marins certes, mais aussi d’écologistes, de naturalistes, de pacifistes et d’humanistes. Et peut-être vous ?

À vos claviers, à vos stylos !

Nous avons choisi un extrait de cet ouvrage. Dans ce livre, il est question de confinement et de solitude, choisis certes. Ces thèmes résonnent fortement avec notre actualité. Mais cet isolement provoque aussi des rencontres brèves, intenses et surprenantes. Voici cet extrait :

Les jours et les nuits

Le vent va revenir. Mes oiseaux l’ont senti à ce je ne sais quoi qui flottait dans l’air. Je crois l’avoir senti hier soir, moi aussi, en regardant les étoiles. Elles scintillaient un peu plus que ces derniers temps. Le baromètre a très légèrement baissé lui aussi. (…) J’étais dans ma couchette et je suis monté border à plat la grand-voile et l’artimon qui faisait un peu de bruit au très léger roulis. La lune à son premier quartier se trouvait à mi-ciel. Trois corneilles posées sur l’eau dormaient à quelques mètres. Elles n’ont pas changé de place pendant que je manœuvrais. Pourtant, je les avais réveillées. Deux d’entre elles se sont ébrouées, la troisième s’est lissée les plumes. Je m’apprêtais à redescendre me coucher mais les voyant là, occupées à leur petite toilette, je me suis approché à l’arrière et leur ai parlé, comme ça, tout doucement. Alors elles sont venues tout contre le bord. (…) J’ai continué à leur parler, très doucement. Et elles levaient la tête vers moi, la tournant sur le côté, de droite et de gauche, avec de temps en temps un tout petit cri, à peine audible, pour me répondre, comme si elles essayaient, elles aussi, de me dire qu’elles m’aimaient bien. Peut-être ajoutaient-elles qu’elles aimaient le fromage, mais je pouvais sentir, d’une manière presque charnelle, qu’il y avait autre chose que des histoires de nourriture dans cette conversation à mi-voix, quelque chose de très émouvant : l’amitié qu’elles me rendaient.

Corneilles surprises ?

Bernard Moitessier qui semble bien connaître les différentes espèces qu’il rencontre parle étonnamment de corneilles du Cap. Après quelques recherches il semble peu probable qu’il s’agisse de cette espèce à plusieurs kilomètres des côtes et ce d’autant plus que ses mœurs semblent bien terrestres. Mais avec toute la modestie qui s’impose, nous respectons le texte à la lettre, conscients qui plus est que nous ne sommes pas à une surprise près avec les oiseaux !

À vous de jouer !

La règle est simple. Bernard Moitessier pense que par leurs attitudes les oiseaux parlent avec lui. Nous pouvons aisément l’imaginer. Peut-être avez-vous la chance depuis votre fenêtre, votre balcon ou votre jardin, même sans les identifier, de voir régulièrement des oiseaux : moineaux, tourterelles, pigeons, mésanges, rougequeues noirs, hirondelles, pics … À l’image du navigateur nous vous invitons à prendre le temps de les observer et dialoguer avec eux. À son invitation nous vous proposons d’entrer en dialogue avec les oiseaux et de rédiger vos dialogues, poèmes, … les plus personnels, émouvants, fous, inventifs, drôles, décalés.

Ce jeu est ouvert à toutes et tous, parents enfants, enfants, jeunes, adultes, avec des fautes d’orthographes, en alsacien, en arabe, en laotien … tout est possible !

Votre écrit intègrera une présentation du lieu où vous vous situez : ville, quartier, type de logement, paysage que vous observez. Enfin, le texte se terminera par une dernière phrase qui commence ainsi : Si j’étais un oiseau je …

Nous attendons vos textes

Longueur de 20 lignes maximum pour le 11 mai au plus tard. Les dessins sont aussi bienvenus !
Merci de les adresser à avosplumes@lemoulinnature.fr

Les textes les plus originaux seront diffusés sur Radio MNE. Certains textes seront proposés à des illustrateurs invités du festival du livre jeunesse Ramdam et les plus beaux textes feront l’objet d’une exposition itinérante.

Un projet mené par le Moulin Nature, le festival Ramdam, le centre socio-culturel Lavoisier-Brustlein, Radio MNE et de nombreux autres partenaires.

Liens pour aller plus loin :