Animée par le Centre d’initiation à la nature et à l’environnement du Moulin, l’opération Fais comme l’oiseau a sensibilisé aux oiseaux de leur quartier 30 enfants de 6 à 12 ans des accueils de loisirs de l’Afsco. Elle leur a aussi appris à réaliser un film sur leurs découvertes avec Old School.

NATURE | Coteaux

(article paru dans le quotidien régionale L’Alsace le 3 novembre 2019 • par Antoinette OBER)

« J’ai proposé plein d’ateliers pour balayer le thème des oiseaux de façon ludique, pour intéresser les enfants des centres de loisirs de l’Afsco (Association familiale et sociale des Coteaux, à Mulhouse), indique Benjamin Erhard, animateur du Cine (Centre d’initiation à la nature et à l’environnement) du Moulin, à Lutterbach. Ces ateliers traitent de leur morphologie, des pattes, des formes des becs, de leur nourriture, leur place dans la chaîne alimentaire. »

« Un quartier vert-arbres »

L’éducateur a également traité des questions telles que : À quoi sert un oiseau ? Pourquoi est-il important d’en avoir dans le quartier des Coteaux ? Qu’est-ce qu’il y a comme espèces ? Pourquoi celles-ci et pas les autres ? « On est ainsi arrivé à parler de biodiversité. Il y a beaucoup d’arbres, mais pas de buissons, entre les immeubles. C’est un quartier très vert, mais un quartier vert-arbres. Il y manque des haies, des espaces qui ne sont pas fauchés, où les insectes puissent se développer : ce sont les découvertes des enfants », affirme-t-il.

« On a appris le nom des oiseaux, rapporte Mayssa, qui énumère le rouge-gorge, le grand corbeau, la corneille qui a le bec un peu jaune, le hibou grand duc. J’ai vu le grand corbeau et des canards, des cygnes, au bord de l’eau. »

« Les pics mangent les insectes des arbres »

« J’ai aimé quand on a observé les oiseaux avec la longue-vue. Il y en avait qui battaient des ailes, des cormorans. Benjamin nous a dit qu’ils se les séchaient », explique pour sa part la petite Dina.

Car les enfants se sont déplacés sur les bords de l’Ill, pour observer la faune de l’eau, ce qui a permis des comparaisons entre l’avifaune du quartier et celle des milieux humides. « Je me rappelle que les canards mâles ont le col-vert, on les reconnaît comme ça. Les femelles sont brunes et, en hiver, les mâles aussi, pour se cacher du renard », affirme Azenor. Mossaab, lui, ne tarit pas sur les pics dont « le rôle est de manger les insectes qui attaquent les arbres ».

« On a fait des débats sur ce qu’on aime des oiseaux et ce qu’on n’aime pas. Les pigeons, par exemple, servent à nettoyer », complète Asya.

Quant à Guero, il a apprécié les activités : jeu des sept familles d’oiseaux, jeu de piste avec des images d’oiseaux, souffler dans des appeaux. « Les gamins s’éclatent : c’est exactement notre philosophie : la protection de la nature – qui est le fil conducteur de l’année à l’Afsco – par la connaissance », se réjouit la directrice des accueils de loisirs, Désirée Grosjean.

Mais le projet (financé par la Drac, Direction régionale des affaires culturelles) est allé au-delà de cette connaissance. Stéphanie Hubert, animatrice multimédia de l’association Old school, a travaillé avec les jeunes sur « un POM : petit objet multimédia, un objet filmique collectif d’une à six minutes, dans lequel on peut mettre de la vidéo, des photos, des textes, des dessins. On a essayé de tenir compte de ce qu’ils ont retenu au niveau des sensations, lors de l’analyse de leur environnement ». Un film qui sera sans nul doute projeté.

Les enfants ont pu établir des comparaisons entre les oiseaux du quartier des Coteaux et ceux des bords de l’Ill. DR