MNE reprend du service sur les ondes FM mulhousiennes

Article de Michèle MARCHETTI paru le 13 octobre 2020 dans le quotidien L’Alsace

Le studio de la lundinale ouvert aux jeunes en service civique (photos DNA M.M.) 

 

https://c.lalsace.fr/culture-loisirs/2020/10/13/mne-reprend-du-service-sur-les-ondes-fm-mulhousiennes

Après trois mois d’interruption, le CSA a donné son autorisation temporaire à MNE d’émettre en FM sur 107.5, pour neuf mois. Dès le lundi suivant, l’émission phare a repris ses droits entre 12 h et 14 h, la Lundinale, avec ses invités, ses chroniqueurs, l’agenda des sorties, des surprises, un journal international avec RFI, et encore quelques blancs qui prouvent qu’on apprend tous les jours… Car la Lundinale , c’est l’école de la radio avec la possibilité pour tous de participer à une émission radio, même pour la première fois.

Tout le monde peut faire de la radio

Les Mulhousiens peuvent préparer une chronique pour compléter celles qui existent, jazz, sciences, cinéma, bien-être, politique, sport, rire ou plus, devenir animateur, réaliser des interviews, des reportages. Le but, apprendre la radio avec l’équipe MNE, visiter leur studio à Motoco, dans le site patrimonial de la friche DMC. On peut aussi appeler le répondeur et enregistrer un message, 24 heures sur 24, laisser une annonce, une manifestation à venir, un coup de cœur ou un coup de gueule. Il faut seulement composer le 03.89.33.13.13 !

Ainsi, MNE c’est de nouveau 24 heures sur 24, avec une cinquantaine de bénévoles qui produisent une trentaine d’émissions ; et trois salariés, Jean-Louis Billy à la technique, Sylvain Freyburger, animateur et chargé depuis des années des ateliers d’éducation aux médias avec Laurence Claude, également secrétaire générale de l’association depuis un an. Deux jeunes en service civique, Margot et Solène, et une étudiante volontaire européenne, Karolina, complètent actuellement l’équipe.

Pas de stress lié à l’audimat

Mais chez MNE, pas de stress lié à l’audimat, aux analyses d’audience, aux cibles à qui vendre des pubs (puisqu’il n’y en a pas) et autres like sur Facebook, même si la radio en totalise près de 8 200… Son but : « Produire des contenus, permettre aux Mulhousiens de s’exprimer, transmettre au travers des ateliers pédagogiques… On reste une radio associative. On voit la radio comme un outil pratique et ludique en direction des scolaires, des centres socioculturels, médico-sociaux… », explique Sylvain Freybuger.

Rock, jazz, blues, rap, métal, hip-hop, électro, funk, classique…

Nouvelle saison, nouvelle grille, qui compte beaucoup d’animateurs bénévoles fidèles, quelques nouveaux, quelques émissions produites par des partenaires du réseau Radio campus (qui rassemble 29 radios associatives dont MNE) au sein duquel une énergie folle s’est déployée pendant le confinement et qui a encore resserré les liens…

On passe du journal international à chaque heure de la matinée, sauf à 8 h avec la matinale de radio Campus de Dijon, à des émissions musicales rock, jazz, blues, rap, métal, hip-hop, électro, funk, classique, même si ce n’est pas en interne… à des émissions de créations sonores en lien avec Motoco, les ateliers d’éducation populaire, des interviews comme le Stamala, tous les vendredis à 17 h, l’Agenda bretzel avec tous les rendez-vous culturels suisses, allemands et alsaciens, etc.

On peut également écouter le rendez-vous avec l’Agence de participation citoyenne tous les quinze jours, découvrir les nouveautés comme In the city pour découvrir l’univers musical d’une ville vu par Marlène… Et, entre les émissions, la playlist qui privilégie depuis quelques mois la scène locale et réunit plusieurs centaines de sons.

MNE propose aussi des émissions spéciales en direct, comme pour Saison Briand, à venir les Rencontres de la participation citoyenne , les festivals Scènes de rues, et Vos oreilles ont la parole. À suivre enfin pour les 20 ans de l’association Old School qui porte la radio, 20 portraits audio de 20 personnalités qui ont marqué Old School et l’histoire de cette radio.

C’est donc parti pour neuf mois sur les ondes FM ; et toute l’année sur radiomne.com ou en DAB + (la radio numérique terrestre qui compresse le signal des ondes hertziennes, si vous êtes équipés d’un récepteur DAB +…)

 

Sylvain Freyburger et Laurence Claude présentent la nouvelle grille de MNE

Éducation aux médias

« De nos jours, on est perpétuellement au contact des médias, dès l’enfance, alors que l’esprit critique se forge lentement », explique Sylvain Freyburger. Le but des ateliers d’éducation aux médias proposés par Old School est donc de « donner les codes, les outils qui permettent de comprendre, de mettre la distance, d’interpréter pour construire des esprits libres et curieux ».

MNE propose une initiation théorique et une approche participative et ludique pour les jeunes, les enseignants, les parents, en proposant de réaliser une émission de A à Z en discutant les sujets, réalisant les interviews, micros-trottoirs, chroniques… dans un média (la radio) qui, « sans l’image, met les néophytes plus à l’aise et favorise l’expression ». En tout, une soixantaine de structures bénéficient chaque année de ces ateliers d’éducation aux médias et certaines proposent même des rendez-vous réguliers. Toute l’ambition des membres de la radio, est de disséminer des studios un peu partout dans Mulhouse…

 

L’histoire de l’association Old School vue par Joan. DNA Dessin Joan

Les 20 ans d’Old School

Jean-Luc Wertenschlag, 54 ans, vieux de la vieille dans le panorama musical mulhousien, se souvient avec une certaine nostalgie de vingt années de l’association Old School, qui gère aujourd’hui la radio MNE.

« Au départ, Old School, c’était simplement une association qui s’est créée en 2000 pour apporter un support administratif au groupe de rap festif La Vieille École, des Mulhousiens qui cartonnent alors jusqu’aux États-Unis et au Japon… », rappelle Jean-Luc Wertenschlag, qui en est alors président.

Après une expérience de radio, il aimerait se lancer et court après une fréquence FM… « On la rate quand Dreyeckland passe du statut de radio associative à celui de radio commerciale ; on tente le coup en montant une Sàrl… Alors, quand internet arrive, Jean-François Bittighoffer, dit Fanfan, aujourd’hui président d’Old School, a l’idée d’une web radio ».

Une radio nommée Warum Net Experience

Jean-Luc Wertenschlag est alors également aux manettes du Noumatrouff. Et la même année, c’est donc la naissance de Radio WNE, Warum Net Experience, avec sept jours et sept nuits de direct depuis le Nouma, toutes portes ouvertes. « Une énergie formidable, des tas de gens qui participent », se souvient Jean-Luc Wertenschlag.

C’est aussi l’époque des emplois-jeunes, Old School et Radio WNE auront chacun le leur, qui participera à mettre en place le festival « L’Arsenal fait sa loi », « en réaction à l’arrivée de Le Pen au second tour de la présidentielle, un festival citoyen de proximité avec les habitants, commerçants, artistes et associations, pour la piétonnisation de la rue de l’Arsenal, avec des repas de quartier, des débats citoyens ».

De WNE à Mulhouse Net Experience

WNE vit sa vie de web radio « un peu punk, expérimentale, anti-Sacem, très barrée », reconnaît-il. Old School décide alors de la laisser vivre sa vie et de créer la suite, une web radio ouverte, plus généraliste et grand public : ce sera MNE, Mulhouse Net Expérience. « On a testé plein de studios, des caves, des greniers, jusqu’à la naissance de Motoco, dans mon salon ! On avait trouvé un lieu pour le studio de MNE, dans le bâtiment 75 de la friche de DMC… », poursuit-il. C’était en 2014. Après moult péripéties avec Radio Campus à la Fonderie, Old School récupère un poste de salarié, et sa première fréquence FM temporaire. MNE s’installait avec, en 2017, jusqu’à treize salariés pour Old School.

L’association avait aussi lancé la Vitrine en 2010, pour permettre aux Mulhousiens d’acheter des créations artistiques locales au 53 avenue Kennedy, Vitrine qui créera sa propre association en 2017, déménagera quelques mois rue de l’Arsenal, avant de rendre l’âme.

Jean-Luc Wertenschlag, qui a aussi été directeur de l’association, continue de courir après sa fréquence FM définitive : « Avec la FM, c’est libre, gratuit, anonyme, sécuritaire, écologique… » Son rêve, des tas de studios radio un peu partout à Mulhouse pour que les Mulhousiens s’emparent de ce moyen d’expression.